samedi 16 janvier 2010

Mon quart d'heure de célébrité

Le FBI a utilisé une photo d'un politicien espagnol pour créer un portrait «vieilli» de Bin Laden. Au mépris de la loi Hadopi, le FBI a téléchargé sa photo et a fait un copié-collé de sa chevelure et de son front, puis il a largement diffusé le résultat, ce qui n'a pas plu à Gaspar Llamazeres, top-model malgré lui.

Je propose mes lèvres cruelles et mon regard sournois pour parfaire le portrait. Pour mes droits, voyez mon agent.

vendredi 15 janvier 2010

Prédiction vaudoue

Chevauché par un puissant loa, je peux faire quelques prédictions sur ce qui va se passer en Haïti.

Des donateurs vont verser de l’argent à des fraudeurs, vautours planant sur internet, se faisant passer pour des organismes charitables.

Des donateurs vont verser de l’argent à des organismes charitables reconnus, mais un pourcentage important de leurs dons (entre 30 et 70%) sera consommé par leurs frais de fonctionnement et la rémunération de leurs dirigeants.

Le reste de l’argent collecté, sauf un pourcentage misérable (moins de 3%), sera gaspillé ou volé sur place. Le peuple ne verra pas un sou.

Les pays qui viennent au secours d’Haïti vont se bousculer, vont distribuer du matériel inadéquat et se disputer les honneurs du pays le plus généreux.

L’aide alimentaire distribuée gratuitement sera en partie confisquée par les milices mais le reste achèvera de ruiner les producteurs locaux qui ne pourront trouver un débouché pour leurs cultures.

Pour que le téléspectateur se sente gratifié, la presse vantera les mérites de quelques courageux bénévoles, montrera quelques projets efficaces, mais qui ne représentent qu’une goutte d’eau dans la mer.

Le gouvernement haïtien réalisera peut être un ou deux projet Potemkine, mais pour le reste, va s’en mettre plein les poches.

Le gouvernement haïtien voyagera partout à travers le monde et sur les estrades des conférences internationales, juste avant le déjeuner, culpabilisera les pays riches qui n’en font pas assez pour Haïti.

L’ONU va continuer à gérer la crise mais sans s’en donner les moyens politiques. On continuera à voir une administration locale kleptocratique se faire contester par des milices prédatrices, lourdement armées.

L’ONU réalisera quelques projets phares qui s’écrouleront ensuite dans la gabegie.

On invitera quelques architectes prestigieux à concevoir un ou deux éléphants blancs parfaitement inutiles. On reconstruira le Palais National, siège historique des oppressions.

Les Américains se feront haïr par la population. Les casques bleus se feront mépriser.

Les sectes religieuses en tout genre pulluleront comme vermine sur une plaie.

L’émigration haïtienne s’amplifiera et l’émotion passée, les immigrants seront traités comme des chiens.

Les Haïtiens reconstruiront de bric et de broc. Ne parlons pas de normes anti-sismique ou même anti-cyclone.

Dix ans après cette catastrophe, un grand intellectuel s’émerveillera de la résilience du courageux peuple haïtien. En effet, les vivants seront vivants et les morts seront oubliés.

Prouvez-moi que j’ai menti. S’il vous plaît.

vendredi 8 janvier 2010

Police multiculturelle

Si vous commettez une infraction de la route en Irlande, prenez garde aux pandores car ils vous verbaliseront, scrogneugneu ! Bien sûr, une fois le procès-verbal établi, ce sont des circuits électroniques froids et sans âme qui vous poursuivront, tels les Erynnies. L’ordinateur n’est pas sans failles, cependant, car à bout de souffle, il signala le cas d’un récidiviste verbalisé 50 fois mais que l’on ne pouvait localiser puisque les 50 procès-verbaux signalaient chacun une adresse différente, fausse puisque le coupable, un certain Prawo Jazdy, y était toujours inconnu.

La Garda irlandaise contacta la police polonaise car on ne pouvait quand même tolérer qu’un cow-boy de la route se promène avec 50 versions de permis de conduire ! Le commissaire polonais tenta de garder son sérieux pendant quinze secondes puis éclata d’un rire homérique car Prawo Jazdy en polonais signifie précisément « permis de conduire », titre du document que les flics gaéliques prenaient pour le nom de l’automobiliste. Mais aussi, une langue dans laquelle « permis de conduire » ne se dit pas « driving license » est-elle une langue honnête ?

Pour simplifier les contrôles aux aéroports

Nouvelles règles visant à accroître la sécurité des transports aériens, à accroître la justice sociale, à renforcer la morale publique et à diminuer les atteintes à l’environnement.

1- Les bagages en soute sont interdits

Cette mesure aura pour effet de diminuer le poids embarqué et donc de réduire la consommation de carburant, d’empêcher les terroristes d’introduire subrepticement des bombes dans la soute et enfin de mettre fin aux vols dans les bagages puisque dans l’environnement hautement sécurisé des aéroports, les autorités se sont toujours révélées incapable d’y faire régner l’ordre.

Les compagnies à bas coûts seront autorisées à aménager la soute avec des sièges supplémentaires pour y loger des passagers de troisième classe, ce qui devrait améliorer leur rentabilité.

2- Les bagages en cabine et les vêtements sont interdits.

Les passagers seront priés, énergiquement, cela va sans dire, d’abandonner tout bagage et de se défaire de la totalité de leurs vêtements. Pour préserver leur pudeur naturelle, des kimonos en papier mâché seront distribués aux passagers. Les vêtements abandonnés seront remis en vrac aux organisations humanitaires, en signe de solidarité avec les moins nantis.

Les passagers ne pourront conserver dans leur main que leurs pièces d’identité, leur titre de voyage et leur carte de crédit (obligatoire).

A l’aéroport d’arrivée, des magasins Louis Vuiton, Giorgio Armani et Hugo Boss proposeront aux voyageurs de reconstituer leur garde-robe. Les voyageurs nécessiteux se verront proposer à prix modique une TVS (Tenue Vestimentaire Standard) adaptée au pays d’arrivée. Par exemple, les personnes arrivant en France disposeront d’espadrilles, d'un pantalon noir, d'une chemise rouge, d’un béret basque et d’une baguette de pain à porter sous le bras, ce qui devrait leur permettre de se fondre naturellement dans la population.

Il sera aussi exigé que les passagers se présentent à jeun. Un passage aux rayons X permettra d’arrêter tout individu se présentant l’estomac plein.

Ces mesures devraient empêcher définitivement l’introduction de substances dangereuses à bord.

3- Les passagers seront enchaînés à leur siège

Pendant le vol, les passagers seront immobilisés. Les toilettes seront supprimées, économisant ainsi des produits chimiques nocifs. Afin d’éviter des pressions intempestives sur les vessies, aucune collation ne sera servie à bord. Sur chaque siège, les Gidéons disposeront une Bible pour servir à l’édification et à la distraction des passagers pendant le vol. Aucune réclamation déposée par des athées ou des hérétiques, visant à obtenir d’autres lectures, ne sera admise.

Les détournements en vols seront ainsi plus difficiles. Le voyage deviendra une expérience spirituelle fort bienvenue en ce monde trop matérialiste.




Nous sommes conscients que ces règles sévères, mais nécessaires, pourraient entamer l’attractivité du transport aérien. Cet effet secondaire est pourtant souhaitable, puisqu’une diminution de la demande de transport pourrait se traduire par une réduction sensible de la pollution généré par l’aviation.

Enfin, il n’est pas sain que tant de gens aillent visiter d'autres pays, ce qui rend plus difficile la tâche des gouvernements quand ils veulent attiser la fièvre nationaliste en peignant les étrangers comme des brutes incultes, animés des pires intentions et haïssant nos chères libertés.

La mort rend beau

La mort rend beau, y compris Philippe Seguin. C'était un homme honnête, ce qui hélas est suffisament rare pour être remarqué. Il a considérablement redoré la Cour des Comptes, une institution qui a su retrouver sa raison d'être sous son mandat. Sur certains sujets, il a eu le courage de ses opinions, même contre son propre camp, comme lors de l'abolition de la peine de mort.

Par contre, Philippe Seguin était un homme politique réactionnaire, obtu et souvent brutal. Dépassé par le monde moderne, il idéalisait une République parée de vertus qu'elle a rarement eu et vantait un nationalisme étroit, finalement inefficace et pernicieux. Sa lutte contre le traité de Maastricht a montré qu'il ne voulait comprendre la nécessité de la dimension européenne ni pour la France, ni pour le développement de la démocratie en Europe.

Homme du passé, son actualité est qu'il était homme de principes et de convictions, tranchant ainsi sur la médiocrité du personnel politique actuel et ses petites habiletés.

jeudi 31 décembre 2009

Et moi, alors ?

Le Conseil Constitutionnel vient de sanctionner la taxe carbone pour rupture de l’égalité entre les contribuables. Eh bien, moi, je vais demander une autre condamnation du gouvernement pour sexisme caractérisé.

Je m’explique. Deux mignonnes se font pincer pour trafic de drogue, la France s’entremet, se compromet et l’on les libère. Pour bien en rajouter, un ministre vient chercher les deux jolies nanas, roucoule à l’envi et passe même son téléphone portable aux donzelles pour qu’elles puissent bavarder avec notre bien-aimé Président.

Moi, je ne suis pas deux mignonnes. Je suis un mec bien poilu de partout. J’hésite à l’avouer, mais mon CV ne contient pas d’activités artisanales telles que le trafic de drogue. Je sais, c’est un trou qui nuit à ma crédibilité médiatique.

Eh bien, aucun ministre ne vient jamais me dire bonjour sur mes lieux de vacances. Pas même un Secrétaire d’Etat. Et je ne parle pas du papotage avec Sarkozy qui ne me manque guère, mais si c’est en option, je préfèrerai Carla.

Bref, je proteste. Ce n’est pas parce que je suis un citoyen mâle et honnête que je n’aimerais pas, moi aussi, bénéficier des attentions de la République.

Avatar

J’ai vu Avatar. C’est un film épatant et je vais vous en causer. C’est l’histoire de deux tribus sur une planète exotique, les Technos et les Bios. Les Technos sont blancs (pour la plupart) et très méchants. Les Bios sont bleus (tous) et très gentils.

Les Bios sont aussi très bêtes. Ils croient en un tas de fariboles, ils adorent les graines de pissenlits voguant au vent, demandent pardon aux bêtes qu’ils tuent pour manger, s’appellent mutuellement brotha et sista et font d’autres choses encore du même tonneau, copiées d’après un manuel d’ethnologie mal digéré. Malgré tout, la profession de guerrier est tenue chez eux en haute estime, on se demande pourquoi chez ces grands pacifistes. Et puis, ils peuvent aussi se connecter à la Matrice locale, non pas grâce à une prise sur leur nuque mais par leur queue. Sigmund Freud, arrêtez de rire, vous voyez le mal partout.

Les Technos, eux, sont cupides, brutaux et idiots aussi, en fait, car ils ne pensent qu’à prendre tout de force au lieu de demander poliment.

Un Techno est envoyé comme espion et naturellement il tombe amoureux de la Pocahontas locale, retourne sa veste et devient un traître. C’est un ex-Marine qui prouve encore une fois que les brutes au grand cœur peuvent malgré tout trouver leur rédemption.

Un autre Techno, dégoûté de cette trahison, se met à tout casser chez les Bios non sans avoir fait un petit discours qui se veut dénonciateur de G. W. Bush, ce qui aurait été très courageux si le méchant Président n’était pas déjà parti à la retraite. Cet autre Techno est lui aussi un ex-Marine qui prouve encore une fois que les brutes pathologiques peuvent malgré tout être utilement recyclées dans la société civile.

Armés de flèches, les Bios triomphent des Technos pourtant équipés d’armes de destruction massive. Ce n’est pas très crédible, mais très cathartique après tous les massacres de peuples armés de flèches qui ont eu lieu dans la réalité.

Et finalement le Techno traître épouse sa belle et devient le chef des Bios, car franchement, tous ces sauvages ne sont supportables que si on peut les commander et baiser la fille du Chef précédent, heureusement défunt.

Il y a aussi Michèle Rodiguez échappée de son île perdue et Sigourney Weaver qui pourtant s’était fait bouffer par un Alien dans un épisode précédent et dont on ne comprend pas bien comment elles se retrouvent là.

A part ça, la technologie de l’imagerie en 3D est superbe, une vraie contradiction du discours du genre « back to the trees » (Voir Pourquoi j’ai mangé mon père).

Donc, un film qui fera date dans la lignée des films bien-pensants, naïfs et éco-pleurards. Son succès est donc certain.